Covid-19 et confinement : en avant la musique !

Mis à jour : nov. 22

Alors que l'industrie de la musique commençait tout juste à renaître de ses cendres tel un majestueux phénix, la crise du Covid-19 la plonge à nouveau dans une période difficile, entraînée par le confinement et les mesures préventives qui en découlent... Coup de grâce ou opportunité fructueuse ? La radio Les Muses de Paris vous fait découvrir des alternatives mises en place pour redonner un coup de boost à la filière musicale !

Exsangue depuis les années 2000 avec l’arrivée d’Internet et la vague de piratages massifs qui a suivi, l’industrie musicale était néanmoins parvenue à reprendre des couleurs au cours des années 2010. Hélas, la nouvelle décennie, démarrant de plein fouet avec une crise sanitaire féroce et le confinement des populations, semble bien partie pour lui faire subir un nouveau coup dur.

La musique à l’épreuve du Covid-19

Sorties d’albums reportées, représentations et tournées annulées… Le Covid-19 n’y va pas de main morte. Selon l'Étude d’impact du Covid-19 sur la filière musicale menée par l’association “Tous Pour La Musique” en juin 2020, le premier confinement a fait perdre 613 millions d’euros au marché de la musique française - soit 10% du chiffre d’affaires prévisionnel annuel comptabilisé avant la crise.

Si les secteurs des musiques actuelles et de variété semblent être les plus touchés (avec une perte de 17% du chiffre d’affaires prévisionnel, due aux reports et annulations des spectacles physiques), ils ne seraient pas les seuls à être lourdement impactés. Les producteurs de musique du SNEP et de l’UPFI ont par ailleurs publié une étude du cabinet d'audit “Ernst & Young” durant l’été 2020, indiquant que la musique enregistrée pourrait perdre 21% de son chiffre d’affaires d’ici la fin de l’année, soit une baisse de 235 millions d'euros. Cette chute résulterait principalement de la fermeture des différents points de vente en raison des mesures sanitaires, mais aussi d’un effondrement général du marché du disque.

Selon les estimations de l'association “Tous Pour La Musique”, notre chère industrie musicale pourrait perdre jusqu’à 43% de chiffre d'affaires prévisionnel pour l’année 2020, soit un total de 4,5 milliards d'euros. La filière risque ainsi de tourner au ralenti, impactant l’ensemble de ses acteurs…

Musique : “requiem for artists” ?

Si les répercussions de la crise sanitaire actuelle touchent l’industrie musicale sur plusieurs niveaux - économiques, sociaux, et artistiques - tout n'est pas perdu !

Au contraire, la pandémie aura au moins eu le mérite d’inciter la filière à repenser son fonctionnement, et à réfléchir à des alternatives plus favorables aux artistes.

Livestream et musique : un mariage d’opportunités ?

Avec une progression de 17,7% du streaming depuis le premier confinement, selon les chiffres de Franceinfo culture, les artistes et les producteurs de musique remontent la pente. Ils tentent ainsi de compenser le recul marqué des ventes physiques - soit 36,8% de moins que l'année précédente.

Pour ce faire, des artistes peuvent être amenés à se produire en live sur Facebook, Youtube, Twitch et Instagram - vous pouvez par ailleurs retrouver le channel Twitch dédié aux lives musicaux d’internautes !

D’autres initiatives ont été mises en place par des structures proposant des diffusions en direct de représentations musicales sur leur site internet, leur page Facebook ou leur chaîne YouTube. Nous pouvons notamment citer Arte Concert, ou encore de plus petites structures telles que DAZZLE et La Souris Verte Epinal.

Notons cependant que la solution du livestream reste à nuancer. Car, si le streaming permet aux artistes de continuer de se produire et de préserver le lien avec leur public, la gratuité qu’il peut comprendre n’est pas sans entraîner pertes et tracas. Le premier confinement a effectivement démontré qu’il représentait un réel manque à gagner d’un point de vue financier.

Serait-ce une étape vers la généralisation de la monétisation des prochains livestreams musicaux ? Affaire à suivre…

Le gouvernement, le web et les citoyens à la rescousse de la musique

De l'aide de l'État à la mise en place de dons, une forte mobilisation en faveur de l'industrie musicale s'est opérée au niveau européen. D’autres initiatives porteuses de sens peuvent également être considérées comme des solutions viables durant cette période particulière :

  • Qobuz, une plateforme de streaming où les internautes peuvent acheter leurs albums et morceaux préférés ;

  • Patreon et Ampled, deux sites de financement participatif qui permettent aux artistes inscrits d'obtenir des financements de mécènes ou de leur communauté par projet réalisé ;

  • Bandcamp, un magasin digital de musique en ligne principalement dédié aux artistes indépendants ;

  • Resonate, une plateforme de streaming prônant une juste rémunération des artistes et représentant une alternative plus éthique ;

  • La Cité de la musique - Philharmonie de Paris, une salle de concert, mais également un espace de démocratisation culturelle active, qui encourage les dons à travers sa plateforme en ligne “Donnons pour Démos” dédiée aux musiciens en herbe.

Les associations à l’unisson avec la musique

Nous pouvons mettre en lumière quelques noms d’associations qui accompagnent les artistes, et qui peuvent également contribuer à pallier leur manque à gagner dû à la crise sanitaire :

  • Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) a pour mission de collecter les droits d’auteur en France et de les redistribuer aux créateurs français et du monde entier ;

  • CRESCENDO-APJM s’engage à promouvoir les jeunes musiciens issus de conservatoires supérieurs français ou étrangers ;

  • Sturm Production est dédiée au soutien et à la promotion des artistes indépendants de la nouvelle scène jazz de Strasbourg et sa région.

Concerto pour les confinés du balcon

Et enfin, à une visée plus personnelle, certains artistes font profiter de leur talent à leur voisinage :

  • Depuis sa fenêtre du 9ème arrondissement de Paris, le ténor Stéphane Sénéchal reprend du service. Déjà connu pour ses prestations lors du premier confinement, il propose de faire à nouveau vibrer sa voix, pour le plus grand bonheur de ses voisins ! Aux chanceux vivant dans la rue de Vintimille, rendez-vous tous les lundis et vendredi à 19h ;

  • Le groupe Facebook Classical Revolution France, dédié aux musiciens amateurs, avait lancé le Bach des balcons au mois de mars, qui rassemblait des violonistes à leurs balcons chaque mardi midi ;

  • D’autres musiciens - amateurs et professionnels - ont suivi ce mouvement durant la période du premier confinement, tels que le violoncelliste de l'Orchestre national d'Île-de-France Camilo Peralta à Paris, ou encore le saxophoniste de 19 ans Rayane Tachouaft à Marseille.


Ainsi, à l’épreuve de la pandémie mondiale du Covid-19, l’univers de la musique a su s’adapter pour évoluer vers un nouvel écosystème, fort de ses initiatives novatrices : une réponse à une aspiration musicale collective, tendant vers des modèles plus éthiques. Nos mélomanes, même confinés, se relèveraient donc toujours plus forts et en toutes circonstances !


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Melanie

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